Films

Juin 2021 au cinéma

En ce mois de juin 2021, pour la première fois, j’ai pu aller voir un film pour enfants sans être la seule adulte non-accompagnée d’un enfant dans la salle. Je ne vais pas m’étaler plus longtemps sur ce sujet mais ça me semblait assez exceptionnel pour le mentionner en préambule. Pas de gros coup de cœur ce mois-ci, mais un joli panel d’émotions. Des bonnes comme des mauvaises.

Un tour chez ma fille (Éric Lavaine, 2021)

Une comédie française classique et totalement portée par ses acteur.trice.s. Avec Josiane Balasko, Mathilde Seigner et Jérôme Commandeur au casting, on sait que ça va marcher. Balasko est parfaite en mère envahissante et le quiproquo avec son beau-fils (Commandeur) m’a bien fait marrer. J’ai pas trouvé ça incroyable, mais ça a le mérite de mettre au premier plan une femme d’âge mûr, avec une vie sentimentale (et sexuelle) active et montrée à l’écran et ça, c’est plutôt chouette.

Tom & Jerry (Tim Story, 2021)

Il faut prendre quelques minutes pour s’habituer au visuel des animaux qui sont entre une animation 2D et de la 3D. C’est pas l’animation du siècle, mais dès que nos yeux ont enregistré l’info, ça passe. C’est du pur Tom & Jerry et ça marche assez bien. Tous les éléments sont là : la course-poursuite, le mickeymousing, et des cascades héritées du slapstick. C’est super amusant, même si l’histoire tire parfois en longueur (c’est souvent le problème quand on adapte des formats courts au cinéma). Dommage par contre de montrer cette énormissime affiche de John Legend au début du film, laissant supposer une apparition du chanteur plus tard dans le film alors que pas du tout.

Cruella (Craig Gillespie, 2021)

Avec son visuel noir/blanc/rouge, sa musique et son focus sur une vilaine, c’est le film que j’avais vraiment envie d’aimer. Mais c’est sceptique que je suis sortie du cinéma. Qui a validé ce script ?

Commençons par les points forts. Le milieu du film, où Cruella est « méchante » est vraiment bien. Le rythme est bon et ça a du sens : Cruella est un personnage sensé être odieux et c’est plus ou moins le cas ici. Les costumes aussi sont incroyables et c’est pour moi le meilleur élément du film. La créativité de la costumière (la vraie) est folle et certaines robes sont impressionnantes tant elles paraissent irréalisables. Du pur bonheur pour les yeux ! Je vais aussi mentionner dans les points forts la performance d’Emma Stone qui, avec les éléments qu’on lui donne, arrive à être convaincante. En effet, le problème ne vient pas d’elle, mais de l’écriture de son personnage.

Ça m’amène donc aux points faibles. Sérieusement, c’est quoi ce personnage ? Le film se veut être un préquel des 101 Dalmatiens (Clyde Geronimi, Wolfgang Teritherman & Hamilton Luske, 1961) racontant comment Cruella est devenue Cruella. (🚨 Attention spoiler) Alors, d’où elle a des dalmatiens qu’elle garde à la fin du film et surtout d’où elle fini par être la gentille qui DONNE des bébés dalmatiens ?! Ce n’est pas du tout cohérent. Cruella, c’est la femme qui veut faire un manteau en dalmatiens, pas celle qui les donne aux gentils qui se sont fait malmener par l’autre méchante de l’histoire ! (🚨 fin du spoiler)

Disney aurait dû plus prendre parti. Le studio aurait pu faire un film basé uniquement sur Cruella enfant et faire un film destiné à un jeune public avec une morale du style « voilà ce qui peut arriver quand quelqu’un est abandonné et qu’il n’est pas bien entouré ». Ou alors, Disney aurait pu prendre un vrai risque en faisant un film plus dark, laissant l’enfance de Cruella au prologue, et proposant une écriture qui ne nous fait pas ressentir de l’empathie pour ce personnage (comment aimer quelqu’un qui veut faire un manteau avec des chiots ?!) et un scénario cohérent avec les 101 Dalmatiens. Avec le catalogue Star sur Disney+, le studio a montré qu’il peut aussi proposer un contenu pas seulement réservé à un jeune public, il aurait donc pu se permettre de faire un film à destination des ados et adultes. Au lieu de ça, Disney propose un film entre-deux, qui ne peut être apprécié que si l’on n’a jamais entendu parlé des 101 Dalmatiens.

Wrath of Man (Guy Ritchie, 2021)

Un énième film d’action avec Jason Statham qui est relativement prévisible, mais qui fait toujours plaisir à voir. Personnellement, je ne me lasse pas de voir le calme, puis la tempête de Statham ; ce moment où, alors que tout le monde pensait qu’il n’était pas terrible au tir, ne manque aucune cible, et ne gaspille pas une seule balle, lorsque son fourgon se fait attaquer. J’ai aussi adoré la scène d’ouverture, un plan séquence presque immobile, dans le véhicule des convoyeurs de fonds, qui ne bouge que pour cadrer le rétroviseur et nous montrer brièvement ce qui se passe à l’extérieur. Ça plante très bien l’ambiance stressante du film.

Le film est fun à regarder, mais j’ai quand même une réserve sur l’équipe de « méchants » qui débarque de nulle part au milieu de film. On est plongés dans leurs vies in medias res, comme si un nouveau film commençait et ça donne l’impression d’un scénario pas vraiment peaufiné. Pareil pour la construction en puzzle, avec des flashbacks et des retours au présent qui parfois nous perdent un peu dans la chronologie de l’histoire. Mais à part ça, Statham fait un super gangster et la séquence de braquage finale est vraiment bien orchestrée.

Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba – Le Film : Le Train de l’Infini (Haruo Sotozaki, 2021)

J’ai découvert l’univers de Demon Slayer avec ce film. Même si c’est une suite, on peut tout à fait suivre l’histoire sans avoir vu la série. En revanche, il est vrai qu’on peut manquer de background concernant les personnages pour vraiment tout saisir, mais pas au point d’être perdu. Les scènes de combat sont géniales, d’autant plus que la majorité du film est un huis-clos sur deux niveaux (dans le train et dans les rêves des personnages). J’ai adoré le personnage Kyōjurō Rengoku, le pilier de la Flamme. C’est un peu une version animée de Statham, au début il paraît un peu bête et finalement, c’est une bête de combat que tout le monde admire. Ce qui me gêne un peu, c’est ces « coupures » qui divisent le film en plusieurs actes et qui cassent la fluidité de l’histoire. C’est comme si on a plusieurs épisodes d’une série (l’idée de base était de faire une série mais c’est devenu un film par manque de matière notamment) collés bout à bout, et ça fait ramer le film. Mais malgré ça, ça donne bien envie de découvrir la série et le manga !

The Father (Florian Zeller, 2021)

Je dois dire que, au début, je ne comprenais pas vraiment ce que j’étais en train de regarder. Quand les personnages ont changé de visage (littéralement) pour la première fois, je me suis dit « ah, mais en fait ça va basculer dans le thriller où le vieux monsieur se fait vraiment manipuler ». Ce n’est que quelques scènes plus tard que j’ai compris que Florian Zeller utilise le formel pour mettre les spectateur.trice.s dans la peau de Anthony (Anthony Hopkins), atteint de démence, un peu comme Nolan avec Memento (Christopher Nolan, 2000) Comme lui, on est perdu.e, on ne comprend pas qui est qui, où on est, quel jour c’est. Les scènes se répètent, mais pas exactement à l’identique, tournent en boucle. C’est très déstabilisant.

D’autant plus que Zeller cadre beaucoup ses personnages en gros plan, les enfermant dans l’écran, et nous aussi par la même occasion. Ce cadrage met également en valeur le jeu d’acteur incroyable d’Anthony Hopkins et Olivia Coleman. On se prend d’affection pour ce pauvre monsieur, qui sent qu’il ne vit plus dans la même réalité que les autres mais qui n’y peut rien. Et de l’autre côté, on se prend aussi violemment qu’Anne (Coleman) les méchancetés que lui lance son père. Résultat, Zeller propose 97 minutes d’émotion(s), de tension, de leçons de vie, qui méritent amplement Oscars et autres BAFTAs.

Minari (Lee Isaac Chung, 2021)

Quelle beauté ce film ! C’est lent, mais les acteurs remplissent l’espace et ne laissent aucun temps mort. On suit cette famille dans ses hauts et ses bas comme si on était avec eux, surtout dans les scènes qui se déroulent dans la maison puisqu’il y a peu de place et qu’il y a beaucoup de personnages. On est ultra proche d’eux. Je trouve que le sujet de l’intégration dans un nouvel endroit (tant la ville/état que le pays) est très bien traité. Et puis, le petit Alan Kim est tellement mignon. Il vole la vedette à tout le monde, devenant presque le rôle principal. Il porte le film et apporte cette note de légèreté, d’insouciance propre aux enfants par rapport à la situation de la famille. Un jeune garçon à garder à l’œil, et un film à voir absolument !

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