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Restez Chez Vous : amalgame de fiction et de réalité jubilatoire

Il y a un an, la Suisse était en semi-confinement. Le gel hydroalcoolique et le papier toilette étaient en rupture de stock, les enfants faisaient l’école à la maison, et Netflix baissait son débit pour soulager le trafic internet. Nicolas Feuz s’est nourri de ce scénario inédit pour s’essayer au récit catastrophe et le résultat est captivant.

Rédiger un chapitre par jour dès le début du confinement. Faire évoluer sa fiction en fonction de l’actualité. Publier le tout au fur et à mesure. Tel est le concept de Restez Chez Vous (Slatkine, 2020). Jour après jour, en mars 2020, le procureur neuchâtelois Nicolas Feuz écrivait et publiait son livre sur Facebook. Une bonne manière de garder le contact avec les lecteurs.trices et de leur offrir une distraction durant cette période anxiogène. Je ne connaissais malheureusement pas encore l’auteur à cette période-là donc je n’ai lu Restez Chez Vous que maintenant. Alors que certain.e.s « fêtaient » le « covidersaire » en faisant des rétrospectives de reportages infos, j’ai « fêté » avec cette lecture. Et je n’ai pas été déçue.

Une frontière réel – fiction à rude épreuve

Une chauve-souris, un virus inconnu qui débarque, les conférences de presse du Conseil fédéral, le confinement : tout y est. Restez Chez Vous ressemble vraiment à un journal de bord que n’importe qui aurait pu tenir en mars 2020… à la différence que le scénario est bien plus catastrophique. Et je pense que c’est justement ça qui fait que c’est génial à lire. On savait que la situation réelle était dramatique (elle l’est toujours d’ailleurs) et, en même temps, on s’est retrouvé.e.s dans un décor de film qu’on a tous et toutes déjà vu au cinéma ou à la télé du jour au lendemain. Il y a quand même quelque chose d’excitant là-dedans, aussi paradoxal que cela puisse paraître. C’est là qu’entre en scène Nicolas Feuz qui s’est chargé d’exploiter ce scénario pour nous. Et, au final, même si pendant cette première période de confinement, on se croyait sur un set hollywoodien, Restez Chez Vous nous rappelle qu’aussi grave, stressante ou triste que soit la vie avec le Covid, on n’est pas à la porte de la fin du monde.

Une histoire plus large

En fait, j’ai fait les choses à l’envers puisque lors de l’écriture de Restez Chez Vous, comme je l’ai dit, je ne connaissais pas l’auteur. Cependant, j’avais remédié à cette ignorance lorsqu’il a écrit Le Calendrier de l’Après (Slatkine, 2020) pendant la période de l’Avent. J’avais donc déjà goûté au monde post-épidémie… mais sans vraiment savoir comment on en était arrivé là. Je pense que j’ai eu autant de plaisir à retrouver certains personnages et découvrir les prémisses du monde de l’après en « flashback » que celles et ceux qui ont lu les deux histoires « dans l’ordre ». Et surtout, quand on a toutes les pièces du puzzle, on a vraiment un diptyque extra.

D’ailleurs, en lisant Restez Chez Vous « après coup », il y a aussi un effet addictif du fait qu’on « sait ce qu’il va se passer ». On peut anticiper les événements réels sur lesquels le chapitre suivant se basera et on a envie de voir jusqu’où Feuz les a amplifiés. Alors on tourne les pages, encore et encore, jusqu’à se rendre compte qu’on a lu les 275 pages d’une traite.

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