Livres

Le Calendrier de l’Après : et si on basculait dans la dystopie ?

Cette année, la période de l’Avent a été particulièrement généreuse : on n’a pas eu droit à un mais deux calendriers exceptionnels. Tout d’abord celui de ma maison de thé préférée, Tekoe, qui m’a fait découvrir plein de saveurs et qui m’a gardée au chaud pendant ces froides soirées de décembre. Ensuite, et c’est le sujet de cet article, Le Calendrier de l’Après, offert par Nicolas Feuz.


Le principe ? Écrire un livre s’inspirant de la période actuelle et en publier deux chapitres par soir, sur Facebook, entre le 1er et le 24 décembre. Qu’est-ce qu’un.e amateur.trice de livres pourrait demander de plus ? Avoir un livre physique dans la main ? Figurez-vous que tous nos vœux ont été exaucés car Le Calendrier de l’Après est sorti en librairies le 19 décembre… ce qui a créé un grand dilemme : s’empresser de l’acquérir pour lire la fin ou continuer de découvrir le texte sur le réseau social ? Personnellement, malgré mon impatience, j’ai opté pour la seconde option. Déjà parce que c’était une petite routine qui s’était installée et que j’aimais bien, mais aussi parce que ça me permettait de lire les réactions des autres lecteur.trice.s « en direct ». C’était donc comme si toute une communauté lisait ensemble, en même temps, et partageait son ressenti. Plutôt génial dans une période où les mots « confinement » ou « distance sociale » font partie de notre quotidien, non ?

Réalité ou dystopie ?

 « Avant l’an zéro, on commémorait la naissance d’un messie, l’exil d’un prophète ou la création du monde par Dieu. Dorénavant, on fêtait un virus. » (p.10) Ne vous fiez pas au titre du livre et à sa période de publication, on n’est pas dans une histoire de Noël classique. Nous sommes en l’an 18 du Monde de l’Après et ce virus que l’on « fête », c’est Verna. Il a disséminé une bonne partie de la population, surtout coté masculin, et a vu la Suisse Romande se réorganiser en système quelque peu monarchique. Les inutiles meurent dans la rue, les élus vivent dans le confort, les moyens de communication ont disparu, les livres ont brûlé, on maintient un niveau d’ignorance tel qu’il touche même des personnes « haut placées ». Bref, tous les ingrédients pour une bonne dystopie sont présents. 

Tous les thèmes de notre actualité sont au rendez-vous : le virus, le confinement, le vaccin, le sentiment qu’on ne nous dit pas tout, le complot ou encore la pénurie de certaines denrées alimentaires. Et ce qui est génial, c’est qu’on ne sait pas ce que l’écrivain face à cette situation. Écrit-il cela car il doute du gouvernement ? Parce qu’il est pour/contre le vaccin ? Pour nous nous montrer ce qui aurait pu se passer si la crise avait été gérée différemment (comme le fait Stephen King dans 22/11/63) ? J’ai profité d’une des rares séances de dédicaces qui a pu avoir lieu pour poser la question à Nicolas Feuz. Il a rigolé et m’a confié que c’était plutôt parce qu’il en avait ras-le-bol des complotistes qu’il a écrit Le Calendrier de l’Après

Du suspense et du retournement

Dans tous les cas, c’est un livre que vous ne pourrez pas lâcher maintenant que vous avez le plaisir de le lire d’une traite. D’ailleurs, le suspense est amplifié par le fait qu’on ne peut s’empêcher de transférer notre situation à celle du personnage principal. On a la boule au ventre à chaque fois qu’on nous annonce une conférence de presse du Conseil Fédéral tout comme on a la boule au ventre à chaque nouveau chapitre, ne sachant pas jusqu’où l’horreur va aller. Au final, on se dit que, peut-être, ces événements nous arriverons aussi, reste simplement à savoir quand.

Et puis, si vous aimez les retournements de situation, vous serez servis ! Il y a pourtant des indices disséminés dans le texte. Des choses qui reviennent régulièrement. Sauf qu’on se dit que c’est des choses qui peuvent arriver à tout le monde et on n’y prête pas plus attention que ça. Puis vient le chapitre 46 et là c’est le choc. Je ne m’y attendais tellement pas ! (petit spoiler) Alors, peut-être que si l’épigraphe avait également été posté sur Facebook, ça aurait changé quelque chose parce que là, l’indice est quand même monstrueux, Mais  finalement, c’était presque mieux de ne pas l’avoir pour que la surprise soit totale… En tout cas, j’aime ce rebondissement car, au lieu de nous laisser pour seul cadeau, un système autoritaire qui écrase tout le monde, Nicolas Feuz nous offre une lueur d’espoir et ça, on en a bien besoin.

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